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Après les carrières, l’agriculture et le tourisme, une autre activité économique connut une importance croissante le siècle dernier : les fraises. Ce merveilleux fruit rouge était déjà cultivé dans les villages voisins et devint très vite le produit du terroir par excellence.

Partout à Lustin, sur les flancs des collines comme sur les hauteurs du village, on vit se développer des champs de fraises. Cet or rouge fut le délice des touristes et un commerce lucratif pour de nombreux lustinois. Les débouchés furent Bruxelles, Namur, Liège, Charleroi.. Les grossistes bruxellois répartissaient leurs achats chez les détaillants de la côte.

En 1937, on chiffra la récolte à 52500 kilos pour une superficie de 15 hectares. Plus tard on atteignit les 50 hectares de fraiseraies et on doubla encore la récolte en 1939.


Champs de fraisiers de Mr J.Dochain (Chemin d'Hestroy)

L’époque permettait encore aux villageois de vendre leurs récoltes. L’argent récolté complétait péniblement le salaire du mari car c’est souvent la femme qui allait cueillir les fraises dans les champs. Un travail harassant, douloureux pour le dos et les genoux.

Tous les trois ans il fallait retravailler la terre, faire des plantes, les repiquer, les nettoyer, mettre de l'engrais et la saison venue, cueillir sans relâche.

Pour favoriser la vente du fruit rouge on créa un marché fraisier en 1937 à la gare des marchandises de Lustin. Là, chaque jour vers 18h, on venait acheter ses raviers de fraises fraîchement cueillies et servies dans des ravissantes et artisanales caissettes reconnaissables à son étiquette. Les marchands sillonnaient devant les étales et offraient leurs prix qui étaient acceptés ou non par les producteurs.


Ancienne étiquette des caissettes de fraises Lustinoise.

Le choix était large puisque on dénombra de nombreuses variétés aux noms étranges et dignes d’Arthur Masson : la « Madame Moutot », vulgairement appelée la « fraise tomate », la « Liégeoise », dite également « Docteur Burvenick », la « Madame Lefèvre »..

Cette activité généra de l’emploi. La confiturerie « Confilux » occupa jusqu’à 200 personnes dans les années 50’ et 60’.

Fin des années 60, début 70, ce qui était alors pour le village une véritable attraction économique et touristique cessa tout doucement d'exister. Une mort lente qui commença vers 58-59 quand les fraiseraies devinrent de plus en plus des terrains à bâtir. Confilux ferma ses portes pour se concentrer sur un nouveau site basé à Floreffe. Le bâtiment fut rasé et aucun souvenir autre que les rares photos subsiste de cette époque faste.

Mais ce qui allait sonner définitivement le glas de l'activité fut l'instauration de la TVA. Les recettes autrefois intéressantes pour les villageois devinrent infimes en rapport au travail fourni et n'intéressèrent plus ceux-ci qui abandonnèrent logiquement comme bien d'autres villages de la vallée Mosane.

Aujourd'hui un seul exploitant tente de sauvegarder la culture de la fraise : Van Coppenolle de Wepion. N'hésitons pas à clamer haut et fort que la fraise de Wepion est la meilleure du monde.

 

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